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Parlons de Gaulle

25 Déc

Le gaullisme c’est défendre les instituions dans leur logique présidentielle, voir plébiscitaire. C’est parler au nom d’une France éternelle, rétive à toute atteinte à sa souveraineté et volontiers frondeuse quand il s’agit de marquer ses distances avec la puissance (l’empire) américaine. C’est aussi cultiver une fibre sociale, la participation.

Mais aujourd’hui l’héritage gaulliste est largement menacé. A chaque étape de l’histoire des « héritiers » du gaullisme, la référence s’est diluée: « le pompidolisme » a marqué une étape vers le conservatisme, le « chiraquisme » s’est rapproché du libéralisme, et enfin (ou malheureusement) le « sarkozysme » prend ses distances avec le modèle français et se rapproche des États-Unis.

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Le Souverainisme

24 Déc

Le souverainisme est une doctrine qui vise à la préservation de la souveraineté nationale d’un pays, supposée être mise en danger par le développement d’institutions supranationales, telle l’U.E. ou par des processus économiques et sociaux dépassant les États telle la mondialisation. Le souverainisme transcende le clivage gauche-droite (Chevènement est souverainiste, Dupont-Aignan aussi).

A droite, il prend racine dans le gaullisme, et particulièrement dans la posture anti-fédéraliste du général. Celui-ci entendait préserver coûte que coûte l’indépendance de la France, seule garantie de sa grandeur, et refusait toute dérive fédérale du processus d’intégration économique vers une union politique, ce souverainisme gaulliste s’est renforcé. D’abord porté au sein du RPR par Jacques Baumel, Philippe Séguin et Pasqua, il s’incarne après la scission  de 1999 dans le RPF, fondé par de Villiers et Pasqua. Après la mise en sommeil de ce mouvement certains souverainistes d’obédience gaulliste vont rejoindre l’UMP. Cette tendance était personnalisée par NDA mais demeurait marginale dans ce parti gagné à la cause européenne. D’autres au contraire (le brillant Paul-Marie Couteaux, Jean Paul Bled, Alain Bournazel) vont faire le choix de l’indépendance et fonder en avril 2003 le Rassemblement pour l’indépendance et la souveraineté de la France (RIF), toujours actif et se rapprochant de Debout La République. DLR est d’ailleurs le parti gaullo-souverainiste à la plus forte audience politique au niveau national.

Le second avatar du souverainisme de droite est incarné par de Villiers, actuel président du MPF, fondé en 1994 d’une scission avec l’UDF. Après une brève alliance avec les gaullistes au sein du RPF, le MPF demeure aujourd’hui le seul parti souverainiste non gaulliste. Il entend défendre les valeurs d’un certain « patriotisme populaire » visant à protéger la France des menaces de la mondialisation économique et de l’Europe de Bruxelles, liberticide.  Le parti n’est pas à proprement anti-européen, il prône une Europe-association d’États et non un super-Etat (ce vers quoi on tend) dans lequel les souverainetés nationales seraient dilués. Mais aujourd’hui le MPF, après une radicalisation islamophobe, se rapproche de l’UMP, et son meneur Philippe de Villiers se retire de la vie politique.

Mais tous les souverainistes, de droite, de gauche, gaulliste ou pas , se sont retrouvés en 2005 sur le même double refus de la Constitution Européenne et de l’entrée de la Turquie dans l’U.E.

Le libéralisme-libertaire, l’idéologie officielle d’Europe Ecologie

23 Déc

La gauche qui nous attends c’est la maturité de l’extrémisme bobo, car il existe un extrémisme de l’idéologie citoyenne et écologique qu’est le boboisme. En mai 68 on a déposé les germes de ce qui est aujourd’hui la maturité de l’idéologie Bo-bo, la pensée libérale-libertaire.
Des politiques comme Dany le Vert, qui se définit comme libéral-libertaire et qui est un fédéraliste anarchisant fervent, et un des plus beaux exemples de ce courant représenté par Europe Ecologie (parti écologiste, mais surtout ultra-libéral et ultra-européiste, qui n’hésite pas à s’allier à des mouvements régionalistes), le PS, et le MoDem.
Mai 68, constitue la « contre-révolution libérale parfaite », un cheval de Troie du capitalisme libéral puis néolibéral, sous un avatar libertaire. Ce qui nous attends c’est un marché du désir, une société qui confond liberté et libéralisation, qui implique la permissivité pour le consommateur et la répression pour le producteur, selon le modèle américain de consommation de masses régissant la morale et la politique. Tout cela servant, à sauver un capitalisme en crise et à créer de nouveaux marchés.

Mais le peuple comprendra, et à ce moment il pourra se faire secourir par la république, par les valeurs républicaines, et par le rétablissement de la Res Publica.

Humeur

23 Déc

En Côte d’Ivoire, il y a deux présidents. En France, nous avons Fillon et Sarko, Martine et Ségo, Miss Bretagne et Miss Provence. Eux ont Gbagbo et Ouattara. L’ingérence de la France, des États-Unis et de l’ONU est insupportable. Notre Kaiser Sarkoko devrait prendre des cours de géographie africaine. Il se rendrait peut-être compte que, si l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Algérie, l’Angola ou la Libye soutiennent Gbagbo, ce n’est pas pour rien.

Vive l’imprudence de l’Europe ! Van Rompuy, Barroso et compagnie se permettent de donner des leçons à la Côte d’Ivoire. Mais que disent-ils à Israël ? Barack Obama, dont l’image s’effondre, vient tout de même d’autoriser l’État hébreu à poursuivre l’occupation et la colonisation de Jérusalem-Est. Dans l’indifférence générale.La France est devenue un foutoir anarchique. Après les bégaiements du gouvernement sur la neige qui a paralysé le pays, maintenant, Mercier et Hortefeux se tirent dans les pattes avec Fillon pour arbitre ! Du jamais-vu dans la direction des affaires de la France…Pour finir, un sondage m’interpelle. Aujourd’hui, Marine Le Pen est à 27% de popularité et à 19% d’intentions de vote pour 2012. Si Jean- Luc Mélenchon continue à dépouiller le PS de ses voix, si Martine et Ségo poursuivent leur guéguerre et si les centristes maintiennent leurs multiples candidatures, que restera-t-il ? Un combat Le Pen-Sarkozy. Ce ne sera pas un « 21 avril à l’envers » comme disent les pseudo-spécialistes, mais, tout simplement, un 21 avril à l’endroit.

J-F Probst

Philippe Séguin, ou le gaullisme sans De Gaulle

21 Déc

« J’aime trop la France, je crois trop à la République pour rester inerte demain si elles m’apparaissaient menacées. » P. Séguin

« J’ai choisi le gaullisme parce que c’était autre chose que la droite. » P.Séguin

Séguin n’avait pas le sens de l’État, il l’avait dans la peau. C’est l’archétype de ce qu’est le gaullisme sans De Gaulle. Une certaine idée de la France et de l’Homme, de la Nation et du Peuple.

Né en 1943, il a été ministre, député, maire, président de la Cour des Comptes et président de l’Assemblée Nationale. Il a mis fin à sa carrière politique en 2002, refusant de rejoindre l’UMP. Gaulliste et militant de gauche, ce colosse au discours subtil et souvent ironique représentait la tradition du gaullisme de gauche, animée auparavant par Capitant et Vallon. Séguin saura à plusieurs reprises la faire revivre par ses prises de position souvent atypique.

Quand il dénonce en 1984 la dérive droitière du RPR et sa libéralomania, il semble à contre-courant de l’évolution du néogaullisme qui fait le choix de la révolution libérale. Quand il signe en 1989 le « Manifeste de la Rénovation », ou quand il présente en 1990 avec Pasqua une motion appelant à la refondation du gaullisme, il exprime toujours cette sensibilité qui veut que le gaullisme ne soit ni de droite ni de gauche. Quand, enfin, il milite pour le « non » à Maastricht, c’est une fois encore pour faire prévaloir les idées du gaullisme social contre les dérives libérale et monétariste de l’Europe.

En 1993, il refuse d’intégrer le gouvernement Balladur, ne souhaitant pas cautionner une politique économique qu’il récuse, l’accusant même de pratiquer « un Munich social »; il sera toutefois élu président de l’Assemblée la même année, poste à partir duquel il cherche à faire prévaloir ses idées. En 95, il contribue activement à la campagne de Chirac, qui lui doit la mise en avant des thèmes de la « fracture sociale » et du « pacte républicain ».Toutefois, les relations entre les deux hommes vont rapidement se détériorer, Séguin reprochant à Chirac de ne pas appliquer le programme pour lequel il a été élu.

Le dernier combat politique de « la bête des Vosges  » s’achèvera sur un échec lorsque la liste qu’il conduit ne parvient pas à empêcher la victoire de la gauche à Paris en 2001.  Séguin voulait enrayer la dérive libéralo-droitiére du gaullisme, désormais très largement dilué dans une UMP pro-européenne, libérale et atlantiste.