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De la droite (2/2)

27 Déc

La seconde guerre mondiale achève enfin de modeler l’identité de la droite française. L’apparition du gaullisme comme phénomène politique, à partir de 1947, modifie en profondeur l’identité de la droite française. Une part importante de cette légitimité républicaine de la droite se forge à travers la geste gaulliste de la Seconde Guerre mondiale,  comme l’illustre la distinction d’une élite politique issue de la résistance. La fondation de la Ve Rep. par le général a achevé de légitimer la droite comme force républicaine, puisqu’elle détiendra le pouvoir pendant les 23 premières années du régime.

Comment la droite actuelle se situe-t-elle face à cet héritage complexe. Celui-ci semble aujourd’hui brouillé, et de nombreux clivages autrefois cruciaux s’effacent: le clivage laïque ne se situer plus aujourd’hui au cœur du débat entre droite et gauche. La gauche a été également fait depuis longtemps la preuve de sa capacité à gérer avec rigueur les finances du pays. Le clivage entre droite libérale et droite gaulliste, a aujourd’hui quasiment disparue, surtout après la conversion durant les années 80 du néo-gaullisme au libéralisme et la fondation de l’UMP, aujourd’hui majoritairement atlantiste, néo-libérale, européiste et fédéraliste. Et cela malgré Galouzeau de Villepin, centro-gaulliste, qui démontre que « l’image » gaulliste a encore un certain poids. La notion de rupture développée par Sarko montre à l’évidence une volonté chez ce dernier de s’affranchir de certaines tutelles, notamment de celle traditionnel.

Sarkozy, atlantiste et libérale, a aussi bouleversé la donne politique en pratiquant l'ouverture.

 

 

Le libéralisme-libertaire, l’idéologie officielle d’Europe Ecologie

23 Déc

La gauche qui nous attends c’est la maturité de l’extrémisme bobo, car il existe un extrémisme de l’idéologie citoyenne et écologique qu’est le boboisme. En mai 68 on a déposé les germes de ce qui est aujourd’hui la maturité de l’idéologie Bo-bo, la pensée libérale-libertaire.
Des politiques comme Dany le Vert, qui se définit comme libéral-libertaire et qui est un fédéraliste anarchisant fervent, et un des plus beaux exemples de ce courant représenté par Europe Ecologie (parti écologiste, mais surtout ultra-libéral et ultra-européiste, qui n’hésite pas à s’allier à des mouvements régionalistes), le PS, et le MoDem.
Mai 68, constitue la « contre-révolution libérale parfaite », un cheval de Troie du capitalisme libéral puis néolibéral, sous un avatar libertaire. Ce qui nous attends c’est un marché du désir, une société qui confond liberté et libéralisation, qui implique la permissivité pour le consommateur et la répression pour le producteur, selon le modèle américain de consommation de masses régissant la morale et la politique. Tout cela servant, à sauver un capitalisme en crise et à créer de nouveaux marchés.

Mais le peuple comprendra, et à ce moment il pourra se faire secourir par la république, par les valeurs républicaines, et par le rétablissement de la Res Publica.

Philippe Séguin, ou le gaullisme sans De Gaulle

21 Déc

« J’aime trop la France, je crois trop à la République pour rester inerte demain si elles m’apparaissaient menacées. » P. Séguin

« J’ai choisi le gaullisme parce que c’était autre chose que la droite. » P.Séguin

Séguin n’avait pas le sens de l’État, il l’avait dans la peau. C’est l’archétype de ce qu’est le gaullisme sans De Gaulle. Une certaine idée de la France et de l’Homme, de la Nation et du Peuple.

Né en 1943, il a été ministre, député, maire, président de la Cour des Comptes et président de l’Assemblée Nationale. Il a mis fin à sa carrière politique en 2002, refusant de rejoindre l’UMP. Gaulliste et militant de gauche, ce colosse au discours subtil et souvent ironique représentait la tradition du gaullisme de gauche, animée auparavant par Capitant et Vallon. Séguin saura à plusieurs reprises la faire revivre par ses prises de position souvent atypique.

Quand il dénonce en 1984 la dérive droitière du RPR et sa libéralomania, il semble à contre-courant de l’évolution du néogaullisme qui fait le choix de la révolution libérale. Quand il signe en 1989 le « Manifeste de la Rénovation », ou quand il présente en 1990 avec Pasqua une motion appelant à la refondation du gaullisme, il exprime toujours cette sensibilité qui veut que le gaullisme ne soit ni de droite ni de gauche. Quand, enfin, il milite pour le « non » à Maastricht, c’est une fois encore pour faire prévaloir les idées du gaullisme social contre les dérives libérale et monétariste de l’Europe.

En 1993, il refuse d’intégrer le gouvernement Balladur, ne souhaitant pas cautionner une politique économique qu’il récuse, l’accusant même de pratiquer « un Munich social »; il sera toutefois élu président de l’Assemblée la même année, poste à partir duquel il cherche à faire prévaloir ses idées. En 95, il contribue activement à la campagne de Chirac, qui lui doit la mise en avant des thèmes de la « fracture sociale » et du « pacte républicain ».Toutefois, les relations entre les deux hommes vont rapidement se détériorer, Séguin reprochant à Chirac de ne pas appliquer le programme pour lequel il a été élu.

Le dernier combat politique de « la bête des Vosges  » s’achèvera sur un échec lorsque la liste qu’il conduit ne parvient pas à empêcher la victoire de la gauche à Paris en 2001.  Séguin voulait enrayer la dérive libéralo-droitiére du gaullisme, désormais très largement dilué dans une UMP pro-européenne, libérale et atlantiste.