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Philippe Séguin, ou le gaullisme sans De Gaulle

21 Déc

« J’aime trop la France, je crois trop à la République pour rester inerte demain si elles m’apparaissaient menacées. » P. Séguin

« J’ai choisi le gaullisme parce que c’était autre chose que la droite. » P.Séguin

Séguin n’avait pas le sens de l’État, il l’avait dans la peau. C’est l’archétype de ce qu’est le gaullisme sans De Gaulle. Une certaine idée de la France et de l’Homme, de la Nation et du Peuple.

Né en 1943, il a été ministre, député, maire, président de la Cour des Comptes et président de l’Assemblée Nationale. Il a mis fin à sa carrière politique en 2002, refusant de rejoindre l’UMP. Gaulliste et militant de gauche, ce colosse au discours subtil et souvent ironique représentait la tradition du gaullisme de gauche, animée auparavant par Capitant et Vallon. Séguin saura à plusieurs reprises la faire revivre par ses prises de position souvent atypique.

Quand il dénonce en 1984 la dérive droitière du RPR et sa libéralomania, il semble à contre-courant de l’évolution du néogaullisme qui fait le choix de la révolution libérale. Quand il signe en 1989 le « Manifeste de la Rénovation », ou quand il présente en 1990 avec Pasqua une motion appelant à la refondation du gaullisme, il exprime toujours cette sensibilité qui veut que le gaullisme ne soit ni de droite ni de gauche. Quand, enfin, il milite pour le « non » à Maastricht, c’est une fois encore pour faire prévaloir les idées du gaullisme social contre les dérives libérale et monétariste de l’Europe.

En 1993, il refuse d’intégrer le gouvernement Balladur, ne souhaitant pas cautionner une politique économique qu’il récuse, l’accusant même de pratiquer « un Munich social »; il sera toutefois élu président de l’Assemblée la même année, poste à partir duquel il cherche à faire prévaloir ses idées. En 95, il contribue activement à la campagne de Chirac, qui lui doit la mise en avant des thèmes de la « fracture sociale » et du « pacte républicain ».Toutefois, les relations entre les deux hommes vont rapidement se détériorer, Séguin reprochant à Chirac de ne pas appliquer le programme pour lequel il a été élu.

Le dernier combat politique de « la bête des Vosges  » s’achèvera sur un échec lorsque la liste qu’il conduit ne parvient pas à empêcher la victoire de la gauche à Paris en 2001.  Séguin voulait enrayer la dérive libéralo-droitiére du gaullisme, désormais très largement dilué dans une UMP pro-européenne, libérale et atlantiste.